Partitions bretonnes

Conçu et réalisé par Éric Mac Lewis
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Une cornemuse d'aujourd'hui

Les binioù existent dans plusieurs tonalités allant du Fa au Do, le terroir d'expression guidant alors le choix de l'instrument : les binioù « plus graves », comme celui en SOL photographié à droite, conviennent à merveille aux airs et styles de jeu du pays vannetais.  À l'inverse, un levriad en SI bémol, plus court et donc plus aigu, ira souvent mieux avec les airs de Cornouaille.

Cet instrument emblématique de la musique bretonne a failli disparaître au XXè siècle.
Il est parvenu à reconquérir sa place méritée dans l'univers musical celtique, grâce en particulier aux luthiers qui n'ont eu de cesse d'améliorer sa justesse et aux musiciens (les biniaouer) qui l'ont fait sonner.
Sans délaisser son rôle majeur au sein du couple binioù-bombarde, on l'entend de plus en plus se frotter à d'autres instruments, dans des formations plus modernes où sa brillance est gage d'originalité.

Nous avons toujours affaire à un « bag-pipe » (mot anglais désignant une cornemuse), c'est-à-dire une poche (sac) avec des tuyaux :
- une poche en cuir,
- trois souches fixées sur la poche et accueillant le sutell servant à la gonfler, le levriad (ou chalumeau) équipé d'une anche double en roseau pour jouer la mélodie, le bourdon ténor (le plus long tuyau) équipé d'une anche battante simple et produisant une note d’accompagnement unique et continue à une octave au-dessous du levriad (à la même hauteur que la bombarde),
- les trois tuyaux, sutell, levriad et bourdon sont réalisés en ébène ou buis la plupart du temps.
Le binioù a une poche plus petite que la veuze et un levriad (tuyau mélodique) plus court, lui permettant de jouer une octave au-dessus. Ces caractéristiques en font sans doute la cornemuse la plus petite au monde… mais certainement pas la moins puissante!
L'anche est du même type que celle des bombardes, avec des dimensions réduites qui peuvent varier selon la tonalité. Elle est insérée dans la poche et non plus entre les lèvres du sonneur : l'air introduit et mis sous pression fait vibrer ses lamelles et le son produit est amplifié par le levriad conique.

Une cornemuse bretonne

Le Binioù

C'est le nom le plus évocateur du monde celtique en France : dans le langage courant, il peut aussi désigner toutes sortes d'instruments...
Il s'agit pourtant d'une cornemuse et pas de n'importe laquelle puisque c'est la plus aigüe de la famille! Le bagad a rendu célèbre le binioù bras (grand binioù en breton) qui désigne la grande cornemuse des Highlands importée en Bretagne à la fin du XIXème siècle.
Mais le binioù dont nous parlerons ici, parfois dénommé binioù kozh (vieux binioù) ou binioù bihan (petit binioù), est 100% breton. Il n'est pas si ancien que cela car sa création remonte à la fin du XVIIIème siècle voire au XIXème siècle : jusque là on avait plutôt affaire à la veuze, la plus ancienne cornemuse bretonne connue.
Très aigu, le binioù est rarement employé comme un instrument soliste mais s'accorde avec la bombarde, l'enveloppant de ses notes haut perchées.
Il exprime ainsi toutes ses qualités au sein du couple de sonneurs, en soutenant la mélodie jouée à la bombarde.

Binioù SOL (Hervieux & Glet)
Binioù SI bémol (Bothua)
Binioù SI bémol (Bothua)
Levriad SI bémol et anche double

Kass A Barh